Tuesday, 13 April 2021

「みみをすますように 酒井駒子」に寄せて

 世界的絵本作家である酒井駒子さんの本格的個展が4月10日から立川のPLAY! MUSEUMではじまっています。祖父江慎さんデザインの図録もすばらしい出来栄え。ぼくは短文「夢でもし会えたら」を寄稿しました。酒井さんの世界への敬愛を込めた一文です。

まだオープンしたばかりといっていいこの美術館、ぜひ近いうちに行ってみよう。

Tokyo Poetry Journal Vol. 10

 東京ベースの英語の詩誌 Tokyo Poetry Journal の2020年夏号の報告が遅くなりました。ぼくは昨年の初期のコロナ状況下で書いた散文詩 My Watermelon Days を寄稿しています。この作品の日本語訳が「水牛のように」の昨年8月号に掲載された「西瓜の日々」でした。

LS #351

La forme sérielle est donc essentiellement multisérielle. Il en est déjà ainsi en mathématique, où une série construite au voisinage d'un point n'a d'intérêt qu'en fonction d'une autre série, construite autour d'un autre point, et qui converge ou diverge avec la première. (50)

LS #350

PARADOXE DE L'ABSURDE, OU DES OBJETS IMPOSSIBLES. De ce paradoxe en découle encore un autre : les propositions qui désignent des objets contradictoires ont elles-mêmes un sens. (49)

Thursday, 8 April 2021

LS #349

L'équivoque sur CELA se distribue donc d'après la dualité de la désignation et de l'expression. (39)

LS #348

Quitte à comparer l'événement à une vapeur dans la prairie, cette vapeur s'élève précisément à la frontière, à la charnière des choses et des propositions. (37)

LS #347

Au contraire, l'œuvre fantastique concerne immédiatement le SENS, et lui rapporte directement la puissance du paradoxe. (35)

LS #346

Cette dimension ultime est nommée par Husserl EXPRESSION : elle se distingue de la désignation, de la manifestation, de la démonstration. Le sens, c'est l'exprimé. Husserl, non moins que Meinong, retrouve les sources vives d'une inspiration stoïcienne. (32)

LS #345

Le sens est la quatrième dimension de la proposition. Les Stoïciens l'ont découverte avec l'événement : le sens, c'est l'EXPRIMÉ DE LA PROPOSITION, cet incorporel à la surface des choses, entité complexe irréductible, événement pur qui insiste ou subsiste dans la proposition. (30)

LS #344

Plus généralement, Benveniste a montré que le rapport du mot (ou plutôt de sa propre image acoustique) avec le concept était seul nécessaire, et non pas arbitraire. (26)

LS #343

Le dernier roman de la série, LE DOCTEUR PASCAL, indique ce point final épique du retournement de la mort contre soi, de la transmutation des instincts et de l'idéalisation de la fêlure, dans l'élément pur de la pensée "scientifique" et "progressiste" où brûle l'arbre généalogique des Rougon-Macquart. (386)

LS #342

Dans le monde qui lui était contemporain, Zola découvre la possibilité de restaurer l'épique. (385)

LS #341

Le DRAMA, alors, se réfléchit dans un EPOS, la petite généalogie dans une grande généalogie, la petite hérédité dans une grande hérédité, la PETITE MANŒUVRE dans une GRANDE MANŒUVRE. (384)

Wednesday, 7 April 2021

LS #340

La locomotive n'est pas un objet, mais évidemment un symbole épique, grand Phantasme comme il y en a toujours chez Zola, et qui réfléchit tous les thèmes et les situations du livre. (383)

LS #339

Avec toute sa santé, "C'était fini de vivre, il n'y avait plus devant lui que cette nuit profonde, d'un désespoir sans bornes, où il fuyait." (382)

LS #338

Ce n'est pourtant pas une barre entre eux deux, mais seulement la fêlure-araignée dans le cerveau de Lantier, le travail silencieux. (381)

LS #337

 Il a renoncé aux instincts ; son seul objet, c'est la machine. (380)

LS #336

L'essentiel de LA BÊTE HUMAINE, c'est l'instinct de mort dans le personnage principal, la fêlure cérébrale de Jacques Lantier, mécanicien de locomotive. (379)

LS #335

Mais le silence qui va d'un roman à l'autre, et sous chaque roman, appartient essentiellement à la fêlure : sous le bruit des instincts, la fêlure se poursuit et se transmet silencieusement. (378)

LS #334

La fêlure ne transmet que la fêlure. Ce qu'elle transmet ne se laisse pas déterminer comme ceci ou cela, mais est forcément vague et diffus. (377)

LS #333

Plus encore, il est vrai que depuis Flaubert le sentiment est inséparable d'un échec, d'une faillite ou d'une mystification ; et ce que le roman raconte, c'est l'impuissance d'un personage à constituer une vie intérieure. (376)

LS #332

La rencontre de l'instinct et de l'objet forme une idée fixe, non pas un sentiment. (375)

LS #331

Mais le tempérament ou l'instinct ne désigne pas une entité psycho-physiologique. C'est une notion beaucoup plus riche et concrète, une notion de roman. (374)

LS #330

Il est très important que Jacques Lantier, le héros de la BÊTE HUMAINE, soit vigoureux, sain, de bonne santé. (373)

LS #329

C'est ce que suggère Tournier dans ce roman extraordinaire : il faut imaginer Robinson pervers ; la seule robinsonade est la perversion même. (372)

LS #328

Pourquoi le pervers a-t-il tendance à s'imaginer comme un ange radieux, d'hélium et de feu? (371)

LS #327

Ce n'est pas le monde qui est troublé par l'absence d'autrui, au contraire c'est le double glorieux du monde qui se trouve caché par sa présence. (370)

LS #326

L'expressivité qui définit la structure Autrui est constituée par la catégorie du possible. Autrui-a priori, c'est l'EXISTENCE du possible en général : en tant que le possible existe seulement comme exprimé, c'est-à-dire dans un exprimant qui ne lui ressemble pas (torsion de l'exprimé dans l'exprimant). (369)

LS #325

Tout est romanesque ici, y compris la théorie, qui se confond avec une fiction nécessaire : une certaine théorie d'autrui. (369)

LS #324

Non pas un autrui, mais un tout-autre qu'autrui. Non pas une réplique, mais un Double : le révélateur des éléments purs, celui qui dissout les objets, les corps et la terre. (368)

LS #323

Enfin c'est lui qui conduit Robinson à la découverte des Eléments libres, plus radicaux que les Images ou les Doubles puisqu'ils les forment. (367)

LS #322

Dans leur opposition avec la terre profonde, l'air et le ciel sont la description d'une surface pure, et le survol du champ de cette surface. (366)

LS #321

 Névrose et psychose, c'est l'aventure de la profondeur. (366)

LS #320

Mais l'anomalie se fait sentir : alors que le Robinson de Defoë s'interdit de produire au-delà de son besoin, pensant que le mal commence avec l'excès de la production, celui de Tournier se lance dans une production "frénétique", le seul mal étant de consommer, puisqu'on consomme toujours seul et pour soi. (365)

Tuesday, 6 April 2021

LS #319

La nature et la terre ne nous disaient-elles pas déjà que l'objet de désir n'est pas le corps ni la chose, mais seulement l'Image? (364)

LS #318

 Bref autrui, c'est ce qui, enveloppant les mondes possibles, empêchait les doubles de se redresser. (363)

LS #317

La conscience n'est pas seulement devenue une phosphorescence intérieure aux choses, mais un feu dans leurs têtes, une lumière au-dessus de chacune, un "Je volant". (362)

LS #316

Mon œil est le cadavre de la lumière, de la couleur. (361)

LS #315

Moi, je ne suis rien d'autre que mes objets passés, mon moi n'est fait que d'un monde passé, précisément celui qu'autrui fait passer. Si autrui, c'est un monde possible, moi je suis un monde passé. (360)

LS #314

La thèse, l'hypothèse-Robinson, a un grand avantage : on nous présente comme dû aux circonstances de l'île déserte l'effacement progressif de la structure Autrui. (359)

LS #313

Ce n'est pas le moi, c'est autrui comme structure qui rend la perception possible. (358)

LS #312

Autrui, c'est l'existence du possible enveloppé. (357)

LS #311

Rien que des Eléments. Le sans-fond et la ligne abstraite ont remplacé le modelé et le fond. (356)

Friday, 2 April 2021

LS #310

Que se passe-t-il quand autrui fait défaut dans la structure du monde? Seule règne la brutale opposition du soleil et de la terre, d'une lumière insoutenable et d'un abîme obscur : "la loi sommaire du tout ou rien". (355)

LS #309

 C'est un étonnant roman d'aventures comique, et un roman cosmique d'avatars. (354)

LS #308

Rapporté aux origines, Robinson doit nécessairement reproduire notre monde, mais, rapporté aux buts, il dévie nécessairement. Etrange déviation qui n'est pourtant pas de celles dont parle Freud, puisqu'elle est solaire et prend pour objets les éléments : tel est le sens d'Uranus. (353)

LS #307

Mais le lecteur a aussi l'impression que cette grande Santé du Robinson de Tournier cache quelque chose, qui n'est pas du tout millerien ni lawrencien. (352) 

LS #306

Le terme final, c'est Robinson devenu élémentaire dans son île rendue elle-même aux éléments : un Robinson de soleil dans l'île devenue solaire, uranien dans Uranus. (351)

LS #305

Il y a donc un feu, une eau, un air et une terre terrestres, mais aussi une terre, une eau, un feu un air aériens ou célestes. (351)

LS #304

Vendredi sera blessé, mais le bouc mourra, "le grand bouc est mort". Et Vendredi annonce son projet mystérieux : le bouc mort volera et chantera, bouc volant et musical. (350) 

LS #303

Le phantasm de l'Etre (éternel retour) ne fait revenir que les simulacres (volonté de puissance comme simulation). (349)

LS #302

Dans l'ordre de la parole, c'est le Je qui commence, et qui commence absolument. (25)

LS #301

L'IMPLICATION est le signe qui définit le rapport entre les prémisses et la conclusion ; "donc" est le signe de l'ASSERTION, qui définit la possibilité d'affirmer la conclusion pour elle-même à l'issue des implications. (24)

LS #300

S'il y a cercle, c'est le CIRCULUS VITIOSUS DEUS : la différence y est au centre, et le pourtour est l'éternel passage à travers les séries divergentes. (349) 

LS #299

 Ce qu'exprime l'éternel retour, c'est ce nouveau sens de la synthèse disjonctive. (348)

LS #298

 Les valeurs du langage expressif ou expressionniste sont la provocation, la révocation, l'évocation. (347)

LS #297

C'est dire qu'il y a chez Klossowski toute une "phénoménologie", qui emprunte à la scolastique autant que celle de Husserl, mais qui trace ses propres voies. Ce passage de l'intensité à l'intentionnalité, c'est aussi bien celui du signe au sens. (346) 

LS #296

Singularités pré-individuelles et impersonnelles, splendeur du ON, singularités mobiles et communicantes qui pénètrent les unes dans les autres à travers une infinité de degrés, une infinité de modifications. (345)

LS #295

La thèse de Klossowski, avec la nouvelle critique de la raison qu'elle implique, prend alors tout son sens : ce n'est pas Dieu, c'est au contraire l'Antéchrist qui est le maître du syllogisme disjonctif. (344)

Thursday, 1 April 2021

「水牛のように」2021年4月号

 3月に書いた追悼詩「千年川(せんねんがわ)」を掲載していただきました。まだの方は、ぜひ読んでみてください。

http://suigyu.com/2021/04/page/2#post-7448

LS #294

Hume l'avait vu profondément : dans l'association de cause à effet, c'est "l'inférence selon la relation" qui précède la relation elle-même. (23)

LS #293

Entre ces événements-effets et le langage, ou même la possibilité du langage, il y a un rapport essentiel : il appartient aux événements d'être exprimés ou exprimables, énoncés ou énonçables par des propositions au moins possibles. (22)

Wednesday, 31 March 2021

LS #292

Dans SYLVIE ET BRUNO, la technique du passage du réel au rêve, et des corps à l'incorporel, est multipliée, complètement renouvelée, portée à sa perfection. (21)

LS #291

 L'événement est coextensif au devenir, et le devenir lui-même, coextensif au langage ; ... (18)

LS #290

Les Stoïciens ont découvert les effets de surface. Les simulacres cessent d'être ces rebelles souterrains, ils font valoir leurs effets (ce qu'on pourrait appeler "phantasmes", indépendamment de la terminologie stoïcienne). (17)

LS #289

Le terme le plus haut n'est donc pas Etre, mais Quelque chose, ALIQUID, en tant qu'il subsume l'être et le non-être, les existences et les insistances. (16)

LS #288

Pourtant quoi de plus intime, quoi de plus essentiel au corps que des événements comme grandir, rapetisser, être tranché? (14)

LS #287

Le pur devenir, l'illimité, est la matière du simulacre en tant qu'il esquive l'action de l'Idée, en tant qu'il conteste à la fois ET le modèle ET la copie. (10) 

LS #286

Et Dieu n'a pas d'autres sens que de fonder ce maniement du syllogisme disjonctif, puisqu'il nous est interdit de conclure de l'unité distributive que son Idée représente à l'unité collective ou singulière d'un être en soi qui serait représenté par l'Idée. (343)

LS #285

Là, la raison est maintenant forcée d'inventer des notions supra-conditionnantes, qu'on appellera Idées. (342)

LS #284

Klossowski insiste sur ceci : que Dieu est le seul garant de l'identité du moi, et de sa base substantielle, l'intégrité du corps. (341)

LS #283

 C'est la grande "pornographie", la revanche des esprits à la fois sur Dieu et sur les corps. (340)

LS #282

La mort et la duplicité, la mort et la multiplicité sont donc les vraies déterminations spirituelles, les vrais événements de l'esprit. (339)

LS #281

Le "langage pur--silence impur" désigne un certain rapport, où le langage réunit l'identité d'une personne et l'intégrité d'un corps dans un moi responsable, mais fait silence sur toutes les forces qui dissolvent ce moi. (338)

LS #280

Le corps est langage. Mais il peut céler la parole qu'il est, il peut la couvrir. Le corps peut souhaiter, et souhaite ordinairement le silence sur ses œuvres. (337)

LS #279

C'est dans le langage, au sein du langage, que l'esprit saisit le corps, les gestes du corps, comme l'objet d'une répétition fondamentale. (336)

LS #278

 Ni identité du Même ni équivalence du semblable, la répétition est dans l'intensité du Différent. (335)

LS #277

Si le langage IMITE les corps, ce n'est pas par l'onomatopée, mais par la flexion. Et si les corps imitent le langage, ce n'est pas par les organes, mais par les flexions. (332)

LS #276

LE SOUFFLEUR est précisément le récit d'un salut, d'une "guérison". Cette guérison, pourtant, doit moins aux soins de l'inquiétant docteur Ygdrasil qu'aux exercises de théâtre, à la répétition théâtrale. (333)

LS #275

 Le corps est langage parce qu'il est essentiellement "flexion". (331)

LS #274

 Tantôt la vue induit la parole, et tantôt la parole conduit la vue. (330)

LS #273

Toute l'œuvre de Klossowski tend vers un but unique : assurer la perte de l'identité personnelle, dissoudre le moi, c'est le splendide trophée que les personnages de Klossowski rapportent d'un voyage au bord de la folie. (329)

LS #272

 Posséder, c'est donc donner à posséder, et VOIR ce donné, le voir se multiplier dans le don. (328)

LS #271

Ce qu'il faut appeler pornologie supérieure. C'est sa manière à lui de dépasser la métaphysique : l'argumentation mimique et la pantomime syllogistique, le dilemme dans le corps et la disjonction dans le syllogisme. (327)

Tuesday, 30 March 2021

LS #270

D'une autre manière, notre époque découvre la théologie. On n'a plus du tout besoin de croire en Dieu. Nous cherchons plutôt la "structure", c'est-à-dire la forme qui peut être remplie par les croyances, mais qui n'a nullement besoin de l'être pour être dite théologique. (326) 

LS #269

Lucrèce a fixé pour longtemps les implications du naturalisme : la positivité de la Nature, le Naturalisme comme philosophie de l'affirmation, le pluralisme lié à l'affirmation multiple, le sensualisme lié à la joie du divers, la critique pratique de toutes les mystifications. (324)

LS #268

Le Naturalisme fait de la pensée une affirmation, de la sensibilité une affirmation. (323)

LS #267

A qui demande : "à quoi sert la philosophie?", il faut répondre : qui d'autre a intérêt ne serait-ce-qu'à dresser l'image d'un homme libre, à dénoncer toutes les forces qui ont besoin du mythe et du trouble de l'âme pour asseoir leur puissance? (322)

LS #266

Et nous parlons d'un temps plus petit que le minimum de temps pensable, par rapport au clinamen comme détermination du mouvement de l'atome; ... (320)

LS #265

Le simulacre est donc insensible, seule est sensible l'IMAGE qui porte la qualité, et qui est faite de la succession très rapide, de la sommation de beaucoup de simulacres identiques. (318)

LS #264

Leur caractère essentiel, en effet, c'est la vitesse avec laquelle ils traversent l'espace. C'est pourquoi Epicure emploie pour le simulacre la même formule que pour l'atome (bien que ce ne soit pas dans le même sens) : il va "aussi vite que la pensée". (317)

LS #263

 La fin ou l'objet de la pratique est le plaisir. (315)

LS #262

 Le choc, en vérité, est aussi bien répulsif que combinatoire. (313)

LS #261

Les Stoïciens affirment une différence de nature entre les causes corporelles et leurs effets incorporels, si bien que les effets renvoient aux effets, et forment une CONJUGAISON, tandis que les causes renvoient aux causes et forment une UNITÉ. (312)

Monday, 29 March 2021

LS #260

Le clinamen est la détermination originelle de la direction du mouvement de l'atome. Il est une sorte de CONATUS : une différentielle de la matière, et par là-même une différentielle de la pensée, conformément à la méthode d'exhaustion. (311) 

LS #259

En second lieu, la méthode épicurienne est une méthode de passage ou de transition : guidé par l'analogie, on passera du sensible au pensé et du pensé au sensible par transitions, PAULATIM, au fur et à mesure que le sensible se décompose et se compose. (310)

LS #258

Parce que les philosophes antinaturalistes n'ont pas voulu faire la part du vide, le vide à tout pris. Leur Etre, leur Un, leur Tout sont toujours artificiels et non naturels, toujours corruptibles, évaporés, poreux, friables ou cassants. (309) 

LS #257

L'éternel retour est donc le Même et le Semblable, mais en tant que simulés, produits par la simulation, par le fonctionnement du simulacre (volonté de puissance). (306)

LS #256

Il s'agit du faux comme puissance, PSEUDOS, au sens où Nietzsche dit : la plus haute puissance du faux. (303)

LS #255

Le simulacre n'est pas une copie dégradée, il recèle une puissance positive qui nie ET L'ORIGINAL ET LA COPIE, ET LE MODELE ET LA REPRODUCTION. (302)

LS #254

On se rappelle que Freud montrait déjà comment le fantasme résulte de deux séries au moins, l'une infantile et l'autre post-pubertaire. (301)

LS #253

Monocentrage des cercles ou convergence des séries, la philosophie ne quitte pas l'élément de la représentation quand elle part à la conquête de l'infini. Son ivresse est feinte. (300)

LS #252

La copie platonicienne, c'est le Semblable : le prétendant qui reçoit en second. (299)

LS #251

Bref, il y a dans le simulacre un devenir-fou, un devenir illimité comme celui du Philèbe où "le plus et le moins vont toujours de l'avant", un devenir toujours autre, un devenir subversif des profondeurs, habile à esquiver l'égal, la limite, le Même ou le Semblable : toujours plus et moins à la fois, mais jamais égal. (298)

LS #250

C'est en ce sens que Platon divise en deux le domaine des images-idoles : d'une part les COPIES-ICÔNES, d'autre part les SIMULACRES-PHANTASMES. (296)

LS #249

Le sophiste lui-même est l'être du simulacre, le satyre ou centaure, le Protée qui s'immisce et s'insinue partout. (295) 

LS #248

C'est le propre de la division de surmonter la dualité du mythe et de la dialectique, et de réunir en soi la puissance dialectique et la puissance mythique. (294)

LS #247

Le platonisme est l'ODYSSÉE philosophique ; la dialectique platonicienne n'est pas une dialectique de la contradiction ni de la contrariété, mais une dialectique de la rivalité (AMPHISBETESIS), une dialectique des rivaux ou des prétendants. (293)

LS #246

Distinguer la "chose" même et ses images, l'original et la copie, le modèle et le simulacre. Mais toutes ces expressions se valent-elles? (292)

Sunday, 28 March 2021

LS #245

Ainsi, les valeurs d'humour se distinguent de celles de l'ironie : l'HUMOUR est l'art des surfaces, du rapport complexe entre les deux surfaces. (289)

LS #244

Ce quelque chose d'autre, c'est la révélation de l'univoque, l'avènement de l'Univocité, c'est-à-dire l'Evénement qui communique l'univocité de l'être au langage. (289) 

LS #243

Une équivoque telle qu'il ne peut plus y avoir d'autre équivoque "après" ; tel est le sens de la formule : IL Y A AUSSI LA SEXUALITÉ. (288)

LS #242

L'IRONIE apparaît chaque fois que le langage se déploie d'après des rapports d'éminence, d'équivocité, d'analogie. (287)

LS #241

Mais, ce qui compte ici, c'est l'organisation préalable, fondatrice ou poétique : ce jeu des surface où se déploie seulement un champ cosmique, impersonnel, pré-individuelle, cet exercise du non-sens et du sens, ce déploiement de séries qui précèdent les produits élaborés de la genèse STATIQUE. (286)

LS #240

Le retour du refoulé se fait suivant le mécanisme général de la régression : il y a régression dès qu'une dimension se rabat sur une autre. (285) 

LS #239

C'est ainsi que la hauteur, c'est-à-dire le surmoi dont nous avons vu la précocité de formation, refoule la profondeur où les pulsions sexuelles sont si étroitement liées avec les pulsions destructrices. (284)

LS #238

 Le sens est toujours double sens, et exclut qu'il y ait un bon sens de la relation. (46)

LS #237

Le problème propre de la perversion est bien attesté par le mécanisme essentiel qui lui correspond, celui de la VERLEUGNUNG. (283)

LS #236

Le phantasm se développe dans la mesure où la résonance induit un MOUVEMENT FORCÉ qui déborde et balaie les séries de base. (279)

Saturday, 27 March 2021

LS #235

Si bien que la sexualité n'existe plus que comme allusion, vapeur ou poussière qui témoigne d'un chemin par lequel le langage est passé, mais qu'il ne cesse de secouer, d'effacer comme autant de souvenirs d'enfance extrêmement gênants. (282)

LS #234

Mais parler, au sens complet du mot, suppose le verbe et passe par le verbe, qui projette la bouche sur la surface métaphysique et la remplit des événements idéaux de cette surface : le verbe est la "représentation verbale" tout entière, et le plus haut pouvoir affirmatif de la disjonction (univocité pour ce qui diverge). (281) 

LS #233

Le mystère est bien dans ce saut, ce passage d'une surface à l'autre, et ce que devient la première, survolée par la seconde. De l'échiquier physique au diagramme logique. Ou bien de la surface sensible à la plaque ultra-sensible : ... (278)

LS #232

Le bruit de la profondeur était un infra-sens, un sous-sens, UNTERSINN ; la voix de la hauteur était un pré-sens. (272)

LS #231

De la position schizoïde de profondeur à la position dépressive de hauteur, on passait des bruits à la voix. Mais, avec la position sexuelle de surface, on passe de la voix à la parole. (271)

LS #230

C'est le verbe dans son univocité qui conjugue dévorer et penser, manger et penser, manger qu'il projette sur la surface métaphysique, et penser qu'il y dessine. (280)

LS #229

 ... c'est l'objet du roman comme œuvre d'art, et ce qui le distingue du roman familial. (277)

LS #228

Les cliniciens qui savent renouveler un tableau symptomatologique font une œuvre artiste ; inversement, les artistes sont des cliniciens, non pas de leur propre cas ni même d'un cas en général, mais des cliniciens de la civilisation. (277)

LS #227

Il y a toujours beaucoup d'art dans un groupement de symptômes, dans un TABLEAU où tel symptôme est dissocié d'un autre, rapproché d'un autre encore, et forme la nouvelle figure d'un trouble ou d'une maladie. (276)

LS #226

Au lieu que le chat de Chester soit la bonne voix pour Alice, c'est Alice la bonne voix pour ses chats réels, voix grondeuse, aimante et retirée. (275)

Friday, 26 March 2021

LS #225

Précisément le chat de Chester joue ce rôle : il est le bon objet, le bon pénis, l'idole ou la voix des hauteurs. (274)

LS #224

Tout est aliment, excrément, simulacre, objet partiel interne, mélange vénéneux. (273)

LS #223

La parole n'est jamais égale à un langage. Elle attend encore le résultat. c'est-à-dire l'événement, qui rendra la formation effective. (272)

LS #222

Ce qu'il faut entendre ici par "lettre" ne suppose aucune maîtrise du langage, encore moins une possession de l'écriture : il s'agit d'une différence phonématique en rapport avec la différence d'intensité qui caractérise la zone érogène. (269)

LS #221

Si l'enfant arrive dans un langage préexistant qu'il ne peut pas encore comprendre, peut-être inversement saisit-il ce que nous ne savons plus saisir dans notre langage possédé : les rapports phonématique, les rapports différentiels de phonèmes. (268)

LS #220

Et certainement l'enfant arrive dans un langage qu'il ne peut pas saisir encore comme langage, mais seulement comme voix, rumeur familiale qui parle déjà de lui. (267)

LS #219

Le phantasm n'est pas autre chose, du moins à son point de commencement : la résonance interne entre les deux séries sexuelles indépendantes, en tant que cette résonance prépare le surgissement de l'événement et en annonce la compréhension. (267)

LS #218

En tout cas l'essentiel est dans la résonance des deux séries indépendantes, temporellement disjointes. (264)

LS #217

La forme sérielle sur les zones érogènes est donc également fondée sur une mathématique des points singuliers, ou sur une physique des quantités intensives. (262)

LS #216

C'est avec la sexualité, c'est-à-dire avec le dégagement des pulsions sexuelles, que commence la série parce que la forme sérielle est une organisation de surface. (261) 

LS #215

Seule la victoire du cerveau, si elle se produit, libère la bouche pour parler, la libère des aliments excrémentiels et des voix retirées, et la nourrit une fois de toutes les paroles possibles. (260)

LS #214

Aussi bien, c'est toute la surface sexuelle qui est intermédiaire entre la profondeur physique et la surface métaphysique. (258)

LS #213

Auparavant il n'y a que des simulacres, des idoles, des images, mais non pas des phantasmes comme représentations d'événements. (257)

LS #212

C'est pourquoi il est le lieu de l'éternel retour. Il ne cesse de mimer la naissance d'une pensée, de recommencer la désexualisation, la sublimation, la symbolisation prises sur le vif opérant cette naissance. (256)

LS #211

Et le couple de Klossowski, Roberte-Octave, a son correspondant d'une autre façon dans le couple de Lowry, et dans le couple ultime de Fitzgerald, la schizophrène et l'alcoolique. (255)

LS #210

 Rien n'est finalisé comme le fantasme, rien ne SE finalise autant. (253)

LS #209

Le phantasm est un phénomène de surface, bien plus un phénomène qui se forme à un certain moment dans le développement des surfaces. (252)

LS #208

C'est ainsi que l'Aiôn se peuple d'événements au niveau des singlularités réparties sur sa ligne infinitive. (251) 

LS #207

Ce qui rend possible, c'est la surface, et ce qui se passe à la surface : l'événement comme exprimé. L'exprimé rend possible l'expression. (217)

LS #206

C'est une ré-orientation de toute la pensée et de ce que signifie penser : IL N'Y A PLUS NI PROFONDEUR NI HAUTEUR. (155)

LS #205

Le phantasm est ainsi inséparable des coups de dés ou des cas fortuits qu'il met en scène. (249)

LS #204

Ni actifs ni passifs, ni internes ni externes, ni imaginaires ni réels, les fantasmes ont bien l'impassibilité et l'idéalité de l'événement. (246)

LS #203

Cette fêlure de la pensée, à la surface incorporelle, nous y reconnaissons la ligne pure de l'Aiôn ou l'instant de mort sous sa forme spéculative. (243) 

LS #202

Le célèbre mécanisme de "dénégation" (ce n'est pas ce que j'ai voulu...), avec toute son importance pour la formation de la PENSÉE, doit alors s'interpréter comme exprimant le passage d'une surface à l'autre. (242)

LS #201

Quand Freud remarque que l'homme normal n'est pas seulement plus immoral qu'il ne le croit, mais plus moral qu'il ne s'en doute, c'est vrai avant tout par rapport au complexe d'Œdipe. (239)

Thursday, 25 March 2021

LS #200

La surface a une importance décisive dans le développement du moi ; Freud le montre bien, lorsqu'il dit que le système perception-conscience est localisé sur la membrane qui se forme à la surface de la boule protoplasmique. (237)

LS #199

Et la ligne tracée par le phallus risque de s'engouffrer dans la profonde SPALTUNG ; et l'inceste, de revenir à l'état d'une éventration qui serait aussi bien celle de la mère que de l'enfant, à un mélange cannibalique où le mangeur est aussi bien mangé. (236)

LS #198

Œdipe a conjuré la puissance infernale des profondeurs, il a conjuré la puissance céleste des hauteurs et revendique seulement un troisième empire, la surface, rien que la surface--d'où sa conviction de ne pas être fautif, et la certitude où il était d'avoir tout arrangé pour échapper à la prédiction. (234) 

LS #197

On doit donc considérer la libido doublement libérée comme une véritable ÉNERGIE SUPERFICIELLE. (232)

LS #196

C'est pourquoi ce qu'on peut appeler pulsions sexuelles se modèlent étroitement sur les pulsions de conservation, ne naissent qu'à leur occasion, substituant aux objets hors d'atteinte des objets partiels introjetés et projetés : il y a stricte complémentalité des publiions sexuelles et des simulacres. (231)

LS #195

Certes, les pulsions sexuelles ou libidinales étaient déjà au travail dans les profondeurs. Mais l'important est de savoir quel était l'état de leur mélange, d'une part avec les pulsions de conservation, d'autre part avec les pulsions de mort. (230)

LS #194

En fait, chaque zone est la formation dynamique d'un espace de surface autour d'une singularité constituée par l'orifice, et prolongeable dans toutes les directions jusqu'au voisinage d'une autre zone dépendant d'une autre singularité. Notre corps sexué est d'abord un habit d'Arlequin. (229)

LS #193

L'objet partiel d'un stade est mis en morceaux par les activités auxquelles il est soumis ; l'objet partiel d'une zone est plutôt séparé d'un ensemble par le territoire qu'il occupe et qui le limite. (228)

LS #192

C'est un faux problème car, ce qui est volé au schizophrène, ce n'est pas la voix, c'est au contraire, par la voix d'en haut, tout le système sonore PRÉVOCAL dont il avait su faire son "automate spirituel". (227)

LS #191

Et ce système schizoïde est inséparable de la terrible prédiction : parler sera taillé dans manger et dans chier, le langage sera taillé dans la merde, le langage et son univocité... (225)

LS #190

C'est pourquoi la position dépressive nous prépare à quelque chose qui n'est NI ACTION NI PASSION, mais l'impassible retirement. (224)

LS #189

Tel est le tourbillon ça-moi-surmoi, où chacun reçoit autant de coups qu'il en distribue, et qui détermine la position maniaque-dépressive. (222)

LS #188

Mélanie Klein montre elle-même que le clivage de l'objet en bon et mauvais dans l'introjection se double d'un morcellement auquel le bon objet ne résiste pas, puis qu'on n'est jamais sûr qu'il ne cache pas un mauvais morceau. (219) 

LS #187

L'équivocité est toujours celle des noms. Le Verbe est l'univocité du langage, sous la forme d'un infinitif non déterminé, sans personne, sans présent, sans diversité de voix. Ainsi la poésie même. (216)

LS #186

Ainsi toute l'organisation du langage présente les trois figures de la SURFACE métaphysique ou transcendantale, de la LIGNE incorporelle abstraite et du POINT décentré : les effets de surface ou événements ; à la surface, la ligne du sens immanente à l'événement ; sur la ligne, le point du non-sens, non-sens de surface coprésent au sens. (214)

LS #185

L'éternel retour n'est pas une théorie des qualités, et de leurs transformations circulaires, mais des événements pur et de leur condensation linéaire ou superficielle. (209) 

LS #184

Ainsi le centre idéal de convergence est par nature perpétuellement décentré, il ne sert plus qu'à affirmer la divergence. C'est pourquoi il a semblé qu'un chemin ésotérique, excentré, s'ouvrait à nous, tout à fait différent du chemin ordinaire. (204)

LS #183

L'incompossibilité doit être définie par la divergence de tells séries : si un autre Sextus que celui que nous connaissons est incompossible avec notre monde, c'est parce qu'il répondrait à une singularité dont la série divergerait avec les séries de notre monde obtenus autour de l'Adam, du Judas, du Christ, du Leibniz, etc. que nous connaissons. (201)

LS #182

Le premier théoricien des incompatibilités alogiques et par là le premier grand théoricien de l'événement, c'est Leibniz. (200)

LS #181

Là encore l'astrologie fut peut-être la première grande tentative pour établir une théorie de ces incompatibilités alogiques et de ces correspondances non causales. (200)

LS #180

Les événements ne sont pas comme les concepts : c'est leur contradiction supposée (manifestée dans le concept) qui résulte de leur incompatibilité, et non l'inverse. (199)

LS #179

Le paradoxe stoïcien, c'est d'affirmer le destin, mais de nier la nécessité. (198)

LS #178

C'est le présent de l'opération pure, et non de l'incorporation. Ce n'est pas le présent de la subversion ni celui de l'effectuation, mais de la contre-effectuation, qui empêche celui-là de renverser celui-ci, qui empêche celui-ci de se confondre avec celui-là, et qui vient redoubler la doublure. (197)

LS #177

Entre les deux présents de Chronos, celui de la subversion par le fond et celui de l'effectuation dans les formes, il y en a un troisième, il doit y en avoir un troisième appartenant à l'Aiôn. (196)

LS #176

Burroughs écrit sur ce point d'étranges pages qui témoignent de cette recherche de la grande Santé, notre manière à nous d'être pieux : "Songez que tout ce que l'on peut atteindre par des voies chimiques est accessible par d'autres chemins..." Mitraillage de la surface pour transmuer le poignardement des corps, ô psychédélie. (189)

LS #175

Les deux moments simultanés se composent étrangement : l'alcoolique ne vit rien à l'imparfait ou au futur, il n'a qu'un PASSÉ COMPOSÉ. Mais un passé composé très spécial. (185)

LS #174

Alors, toujours parler de la blessure DE Bousquet, de l'alcoolisme DE Fitzgerald et DE Lowry, de la folie DE Nietzsche et D'Artaud en restant sur le rivage? Devenir le professionnel de ces causeries? (184)

LS #173

S'il y a la fêlure à la surface, comment éviter que la vie profonde ne devienne entreprise de démolition, et ne le devienne "bien entendu"? (183)

Wednesday, 24 March 2021

LS #172

Il y avait une fêlure silencieuse, imperceptible, à la surface, unique Evénement de surface comme suspendu sur soi-même, planant sur soi, survolant son propre champ. (181)

LS #171

"Toute vie est bien entendu un processus de démolition". (...) Toute l'œuvre de Fitzgerald est l'unique développement de cette proposition, et surtout de son "bien entendu". (180)

LS #170

Seul l'homme libre peut alors comprendre toutes les violences en une seule violence, tous les événements mortels EN UN SEUL ÉVÉNEMENT qui ne laisse plus de place à l'accident et qui dénonce ou destitute aussi bien la puissance du ressentiment dans l'individu que celle de l'oppression dans la société.

LS #169

Ou bien la morale n'a aucun sens, ou bien c'est cela qu'elle veut dire, elle n'a rien d'autre à dire : ne pas être indigne de ce qui nous arrive. (174)

LS #168

C'est ainsi que le sage stoïcien non seulement comprend et veut l'événement, mais LE REPRÉSENTE ET PAR LÀ LE SELECTIONNE, et qu'une éthique du mime prolonge nécessairement la logique du sens. (173)

LS #167

Telle est la volonté stoïcienne orientale, comme PRO-AIRESIS. Là le sage attend l'événement. (172)

LS #166

Là comme ailleurs, le fonctionnel se dépasse vers une topique et l'usage est dans le rapport de la représentation à quelque chose d'extra-représentatif, entité non représentée et seulement exprimée. (171)

Tuesday, 23 March 2021

LS #165

Cette différence de nature entre l'expression et la représentation, nous l'avons partout rencontrée, chaque fois que nous marquions la spécificité du sens ou de l'événement, son irréductibilité au désigné comme au signifié, sa neutralitré par rapport au particulier comme au général, sa singularité impersonnelle et pré-individuelle. (170)

LS #164

Cicéron dit bien que le passage du temps est semblable au déroulement d'un câble (EXPLICATIO). Mais, justement, les événements n'existent pas sur la ligne droite du câble déroulé (Aiôn), de la même façon que les causes dans la circonférence du câble enroulé (Chronos). (169)

LS #163

En tout cas la situation de la morale est bien exposée, entre les deux pôles de la coquille logique superficielle et du jaune physique profond. (167)

LS #162

L'individu tenait le discours classique, la personne, le discours romantique. (165)

LS #161

La position de la personne comme classe illimitée, et pourtant à un seul membre (Je), telle est l'ironie romantique. (164)

LS #160

Mais, après la critique kantienne, apparaît une troisième figure de l'ironie : l'ironie romantique détermine celui qui parle comme la personne, et non plus comme l'individu. (163)

LS #159

L'important, c'est de faire vite : trouver tout de suite quelque chose à designer, à manger ou à casser, qui remplace la signification (l'Idée) qu'on vous conviait à chercher. (160)

LS #158

Non plus Dionysos au fond, ni Apollon là-haut, mais l'Hercule des surfaces, dans sa double lutte contre la profondeur et la hauteur : toute la pensée ré-orientée, nouvelle géographie. (157)

LS #157

Qu'on relise les plus beaux chapitres de Diogène Laërce, celui sur Diogène le Cynique, celui sur Chrysippe le Stoïcien. On y voit se développer un curieux système de provocations. (155)

LS #156

Et que c'est à eux que le mot de Nietzsche s'applique particulièrement : combien ces Grecs étaient profonds à force d'être superficiels! (154)

LS #155

Au coup d'aile platonicien, le coup de marteau présocratique. A la conversion platonicienne, la subversion présocratique. (153)

LS #154

 La hauteur est l'Orient proprement platonicien. (152)

LS #153

 Le sens, c'est ce qui se forme et se déploie à la surface. (151)

LS #152

 Mais à la physique des surfaces correspond nécessairement une surface métaphysique. (150)

LS #151

Le sens est neutre mais n'est jamais le double des propositions qui l'expriment, ni des états de choses auxquels il arrive et qui sont désignés par les propositions. (149)

Monday, 22 March 2021

LS #150

Mais ce non-être n'est pas l'être du négatif, c'est l'être du problématique, qu'il faut écrire (non)-être ou ?-être. (148)

LS #149

En fait, ce sont les domaines de résolubilité qui sont relatifs au processus d'auto-détermination du problème. (147)

LS #148

Pourtant c'est tout le contraire. C'est par un processus propre que le problème se détermine à la fois dans l'espace et dans le temps, et, se déterminant, détermine les solutions dans lesquelles il persiste. (146)

LS #147

C'est pourquoi, au-delà de l'ordonnance tertiaire de la proposition et même de l'organisation secondaire du sens, nous pressentions un terrible ordre primaire où tout le langage involue. (145)

LS #146

Il y a donc, nous l'avons vu, une structure extrêmement complexe d'après laquelle chacun des trois rapports de la proposition logique en général est premier à son tour. Cette structure dans son ensemble forme l'ordonnance tertiaire du langage. (144)

Sunday, 21 March 2021

LS #145

Les événements purs fondent le langage parce qu'ils l'attendent autant qu'ils nous attendent et n'ont d'existence pure, singulière, impersonnelle et préindividuelle que dans le langage qui les exprime. (194)

LS #144

La revanche du futur et du passé sur le présent, Chronos doit encore l'exprimer en termes de présent, les seuls termes qu'il comprend et qui l'affectent. C'est sa manière à lui de vouloir mourir. (192)

LS #143

Et dans les PÉNSÉES de Marc-Aurèle retentit souvent l'alternative : est-ce le bon mélange ou le mauvais? (191)

LS #142

Le présent, c'est le temps des mélanges ou des incorporations, c'est le processus de l'incorporation même. Tempérer, temporaliser, c'est mélanger. (190)

LS #141

 Le dieu vit comme présent ce qui est futur ou passé pour moi, qui vis sur des présents plus limités. (190)

LS #140

Chaque personne est seul membre de sa classe, et pourtant c'est une classe constituée par les mondes, possibilités et individus qui lui reviennent. (140)

LS #139

Elles sont définies par des prédicats, mais ces prédicats ne sont plus du tout les prédicats analytiques d'individus déterminés dans un monde et opérants la DÉSCRIPTION de ces individus. Au contraire, ce sont des prédicats DÉFINISSANT synthétiquement des personnes et leur ouvrant différents mondes et individualités comme autant de variables ou de possibilités... (139)

LS #138

Comment se fait cette opération, il faut toujours en revenir au théâtre de Leibniz--et non pas aux lourdes machineries de Husserl. (138)

LS #137

C'est pourquoi nous identifions à la limite le domaine des intuitions comme représentations immédiates, des prédicats analytiques d'existence, et des DESCRIPTIONS de mélanges ou d'agrégats. (137)

LS #136

Avoir une couleur n'est pas plus général qu'être vert, puisque c'est seulement cette couleur qu'est le vert, et ce vert qu'est cette nuance, qui se rapportent au sujet individuel. (136)

Saturday, 20 March 2021

LS #135

Un individu est donc toujours dans un monde comme cercle de convergence et un monde ne peut être formé et pensé qu'autour d'individus qui l'occupent ou le remplissent. (133)

LS #134

Dans sa propre découverte, Nietzsche a entrevu comme dans un rêve le moyen de fouler la terre, de l'effleurer, de danser et de ramener à la surface ce qui restait des monstres du fond et des figures du ciel. (131)

LS #133

Mais, quitte à faire parler le fond informe ou l'abîme indifférencié, de toute sa voix d'ivresse et de colère, on ne sort pas de l'alternative imposée par la philosophie transcendantale aussi bien que par la métaphysique : hors de la personne et de l'individu, vous ne DISTINGUEREZ rien. (130)

LS #132

Il nous semble impossible de lui donner à la manière kantienne la forme personnelle d'un Je, d'une unité synthétique d'aperception, même si l'on confère à cette unité une portée universelle ; sur ce point les objections de Sartre sont décisives. (128)

LS #131

Bien plus, ce monde du sens avec ses événements-singularités présente une neutralité qui lui est essentielle. (127)

『狂狗集』書店POP集10(最終回)

 ブックファースト新宿

ブッ 物質と記憶をしばしば取り違え
ク 九条葱北上すやがて四条へ二条へ
ファ Far East Networkで英語を学んだ世代です
ス スイスは山岳しかし湖面はつねに水平
ト トーストは鉄板で片面焼くのが好みです
しん 新鮮な気持ちで自分の顔を剝く
じゅ 柔術だとだまして熊をマッサージ
く 九十九里を三往復くらいできそうな元気な子

Friday, 19 March 2021

LS #130

Chaque événement est comme la mort, double et impersonnel en son double. (178)

LS #129

L'humour est inséparable d'une force sélective : dans ce qui arrive (accident) il sélectionne l'événement pur. Dans le manger il sélectionne le parler. (177)

LS #128

Le dieu est Chronos : le présent divin est le cercle tout entier, tandis que le passé et le futur sont des dimensions relatives à tel ou tel segment qui laisse le reste hors de lui. (176) 

LS #127

Ce n'est sûrement pas le jeu de l'homme de Pascal, ni du Dieu de Leibniz. Quelle tricherie dans le pari moralisateur de Pascal, quel mauvais coup dans la combinaison économique de Leibniz. (76)

LS #126

La question se développe dans des problèmes, et les problèmes s'enveloppent dans une question fondamentale. (72)

LS #125

Kant fut sans doute le premier à faire du problématique, non pas une incertitude passagère, mais l'objet propre de l'Idée, et par là aussi un horizon indispensable à tout ce qui arrive ou apparaît. (70)

LS #124

Les événements sont les seules idéalités ; et, renverser le platonisme, c'est d'abord destituer les essences pour y substituer les événements comme jets de singularités. (69)

LS #123

Les événements sont idéaux. Il arrive à Novalis de dire qu'il y a deux trains d'événements, les uns idéaux, les autres réels et imparfaits, par exemple le protestantisme idéal et le luthérianisme réel. Mais la distinction n'est pas entre deux sortes d'événements, elle est entre l'événement, par nature idéal, et son effectuation spatio-temporelle dans un état de choses. Entre l'ÉVÉNEMENT et l'ACCIDENT. (68)

LS #122

La singularité fait partie d'une autre dimension que celles de la désignation, de la manifestation ou de la signification. La singularité est essentiellement pré-individuelle, non personnelle, a-conceptuelle. (67)

LS #121

Cet élément n'appartient à aucune série, ou plutôt appartient à toutes deux à la fois, et ne cesse de circuler à travers elles. (66)

Thursday, 18 March 2021

LS #120

 L'expression se fonde sur l'événement comme entité de l'exprimable ou de l'exprimé. (212)

LS #119

L'incomparable n'est pas entre deux événements, mais entre un événement et le monde ou l'individu qui en effectuent un autre comme divergent. (208)

LS #118

Plus rien ne subsiste que l'Evénement, l'Evénement seul, EVENTUM TANTUM pour tous les contraires, qui communique avec soi par sa propre distance, résonant à travers toutes ses disjonctions. (207)

LS #117

Ce centre décentré, c'est lui qui trace entre les séries et pour toutes les disjonctions l'impitoyable ligne droite de l'Aiôn, c'est-à-dire la distance, où s'alignent les dépouilles du moi, du monde et de Dieu : grand Cañon du monde, fêlure du moi, démembrement divin. (206)

LS #116

Mais, une fois de plus, tout change de nature en montant à la surface. (205)

『狂狗集』書店POP集9

 紀伊國屋書店新宿

き 奇怪なり冥王星より届きし画像
の 濃厚チーズで猟犬の追跡をかわした
く 杭打ち土盛りマオリの砦を再現す
に ニサといえばニース都会に都会を重ね描き
や 矢面に立ち亀とアルマジロで武装する
しん 心臓に悪いよ脅かさないでよ
じゅ 十戒をよく守れば海も二つに割れる
く 苦界浄土アントロポセンの撞着語法

『狂狗集』書店POP集8

 紀伊國屋書店梅田

き 帰省せよ宇宙の始源に帰還せよ

の Knock, knock ジョークを上手に言えるかな

く 熊の虹は五色あるいは二色かも

に ニジンスキーを呼び出して馬と走らせたいね

や 焼き芋でどんな時にもファイト一発

う 梅の酸ゆさがカフェインのように効いて目が覚めた

め 明解な世界を望むならやつらについていけよ

だ ダメだと百遍唱えてまた元気に立ち上がれ